Me voilà arrivée avec Lolita et toute notre petite famille humaine, plumée et poilue dans notre nouvelle maison. Les dernières semaines ont été remplies de péripéties, des jours moins bons et d’autres qui m’ont marqués profondément. La maison est tellement au centre de nos vies qu’on apprend à vivre différemment, parfois, à son contact.
Nous sommes passés d’un bungalow des années 80 à une maison de 1863 qui a subi (littéralement) de nombreux propriétaires, de nombreux sévices et des modifications radicales au cours des années. L’atmosphère est toute différente, autant à l’intérieur de cette maison qui a traversé les âges qu’à l’extérieur où cette campagne profonde vient trancher avec la banlieue qu’on avait l’habitude de côtoyer.
Lolita a trouvé le déménagement un tout petit peu difficile. Nous avons finalement pris la décision de la laisser dans l’ancienne maison lors du déménagement qui se déroulait de jour avec le camion et de ne la ramener que le soir, lorsqu’on irait faire un dernier tour et un peu de ménage. Lors du premier voyage du camion, elle ne semble pas avoir vu trop de différences excepté qu’il y avait beaucoup de monde dans la maison. Nous avions pris soin de fermer la porte de la pièce pour ne pas qu’elle stresse à nous voir aller et venir. Lors du deuxième voyage avec le camion, ça a été un peu différent parce que nous devions vider également les meubles de mon bureau où était placée sa cage. Je n’étais pas toujours là, mais aux dires de ceux qui y étaient, elle paniquait et criait beaucoup de les voir vider la pièce; elle se retrouvait dans sa cage, dans une pièce complètement vide ! Elle s’est calmée quand ils ont refermé la porte de la pièce de nouveau. Quelques heures à peine plus tard, elle était avec nous dans l’auto, en route vers la nouvelle maison.
J’ai pris soin de laisser quelques minutes son transporteur fermé en arrivant pour qu’elle puisse s’habituer à la vue qui lui était totalement étrangère et pour nous permettre également de monter sa cage. Nous avons dû la mettre au salon ce soir-là (et quelque soirs suivants); nous avons découvert lors du déménagement que le chauffage ne fonctionnait pas à l’étage. Lolita était alors paniquée. Elle criait beaucoup, s’agitait beaucoup; elle était toujours sur le qui-vive. Même lors de sa sortie du transporteur, elle était intenable. Exténués, nous avons mangé rapidement (nous n’avions pas soupé) pour finalement mettre Lolita-sur-les-nerfs dans sa cage et aller nous coucher. Elle doit avoir tourné en rond et fait des « steps » dans sa cage pendant 45 minutes avant que le silence se fasse entendre dans la maison. Dans le noir, elle avait fini par se calmer et s’endormir.
Le lendemain matin, elle était calme dans sa cage quand je suis descendue au salon. J’ai retrouvé la Lolita d’antan… contente de me voir, en prime. Je l’ai sortie doucement de sa cage. Elle avait une attitude beaucoup plus positive que la veille mais elle était cependant quand même un peu craintive de tout ce qu’il y avait autour d’elle. Je suis restée plusieurs minutes en place. Elle regardait autour d’elle avec curiosité. Lorsque j’ai senti ses pattes serrer moins fort mon bras, j’ai avancé jusqu’à l’embrasure de la pièce suivante. Même attitude craintive et des pattes qui serrent mon bras, prête à s’envoler. Après une autre minute, elle a regardé partout, a paru surprise qu’il n’y ait rien d’effrayant et a desserré de nouveau son emprise. J’ai repris le même manège à toutes les pièces de la maison. Contrairement à la veille où elle était en panique et où elle ne voyait plus rien de ce qui l’entourait, elle tentait cette fois d’apprivoiser sa nouvelle maison.
Pour qu’elle soit à l’aise dans les pièces, ça s’est réglé relativement vite; pour les habitudes, il a fallu une bonne semaine pour que tout revienne dans l’ordre. Dès qu’elle a eu de nouveau accès à son perchoir au salon (et non son dessus de cage), elle s’est véritablement calmée d’un coup. Les habitudes reprenaient véritablement. Oui, elle a stressé quelques fois en voyant arriver rapidement quelqu’un au salon (auparavant, elle voyait arriver les gens d’avance, ce qui n’est pas le cas en ce moment). Mais elle semble s’être bien habituée aux changements…